ARTICLES DE LA REVUE TLM SUR LA FRANCHE COMTE
TLM n° 47 Afmc du pays de Montbéliard :
TLM n° 46 ZOOM Franche-Comté : Le relief, ciment de la
cohésion
TLM n° 46 Jacques Chaudy : Ma petite histoire de la Fmc
franc-comtoise
TLM n° 46 ZOOM Fédération : D'une présidence à l'autre
TLM n° 43 Alps en gérontologie :
TLM n° 44 Fmc Doloise : Des programmes en concertation avec les associations voisines
TLM n° 47
Afmc du pays de Montbéliard :
La synergie Montbéliard-Héricourt-Belfort
Le Dr Marie-Jeanne Martin-Petite préside l¹Afmc-PM (Afmc du pays de
Montbéliard, dans le Doubs) depuis dix-huit mois. Elle a succédé au Dr
François Dumel, maître de conférence associé en Médecine générale à la
faculté de médecine de Besançon. L¹Afmc-PM travaille en parfaite
complémentarité avec celles d¹Héricourt et de Belfort, constituant avec
elles le pôle de la Nord-Franche-Comté
conçus de manière à éviter les doublons, et les dates de réunion, le 3e
jeudi de chaque mois pour Montbéliard, établies de telle sorte que les
adhérents de chaque association puissent¹assister aux soirées des trois
structures. Pour ce faire, l¹adhésion à l¹une de ces trois Afmc suffit. Les
faibles distances séparant ces trois villes facilitent ces échanges, mais,
plus que la proximité géographique, c¹est bien un même esprit et une même
volonté de faire avancer les choses en matière de formation qui animent les
trois associations. Par exemple, c¹est le Dr Jacques Chandy, rhumatologue,
fondateur de l¹Afmc-PM, qui a été à l¹origine de celle d¹Héricourt il y a
trois ans. Le choix des sujets est effectué de manière autonome par chacun
des bureaux qui en informe les deux autres. Pour Montbéliard, une réunion de
commission programme permet de faire le point sur les demandes des adhérents
et de fixer ainsi les thèmes et le calendrier, compte tenu de ceux des deux
associations s¦urs. La pédagogie privilégie le concret. Aux cours magistraux
sont préférées les études de cas cliniques. Le travail se fait par groupes
d¹une dizaine (30 à 35 participants en moyenne). L¹expert n¹intervenant
qu¹en seconde partie de soirée, pour apporter son éclairage. Une évaluation
par tests est fréquemment effectuée. En plus des sessions générales,
d¹autres modes de formation sont proposés, consistant en des cycles de
longue durée par petits groupes et sur inscription pour des sujets tels que
: La relation médecin-malade, sur deux ans, ou un cycle de dermatologie, sur
six mois. Le choix de certains sujets tels que la gestion du deuil par le
médecin généraliste, ou celle du stress post-traumatique, dit assez quelle
attention doit porter le généraliste à ses patients aux yeux du Dr
Martin-Petite. « Dommage que, la perspective de la formation obligatoire
s¹étant éloignée, certains médecins se désengagent des actions de
formation.
De 90 en 1995, le nombre de nos adhérents est tombé à 50 en 1998 »,
regrette-t-elle, d¹autant que les nouveaux installés auraient une attitude
de « consommateurs » plutôt que d¹« acteurs » en la matière. Pourtant, en
début d¹année, le programme est envoyé à tous les généralistes du pays de
Montbéliard, ce qui représente 350 courriers. Cet envoi général était
auparavant effectué chaque mois, mais cela reviendrait aujourd¹hui trop
cher. Concernant les ressources financières, l¹adhésion annuelle se monte à
450 francs. Au terme d¹une convention entre l¹association et l¹hôpital de
Montbéliard ce dernier met à la disposition de l¹association des salles de
réunion. Une dotation de 4 000 francs est votée par le conseil
d¹administration de l¹hôpital et représente une adhésion globale pour les
médecins hospitaliers, salariés, qui sont ainsi dispensés de cotisation
personnelle.
Les relations avec l¹hôpital sont du reste particulièrement fructueuses et
les chefs de service reçoivent chaque mois le programme de l¹association.
Les sessions sont ainsi suivies régulièrement par des internes et des
praticiens hospitaliers. Les médecins salariés des usines Peugeot <22 000
personnes
d¹année et choisissent la ou les soirées qu¹ils souhaitent sponsoriser. Un
bref temps de parole leur est accordé à cette occasion. À ce propos, le Dr
Martin-Petite s¹interroge sur les orientations de l¹industrie qui lui «
paraît privilégier d¹autres supports de marketing ou de mécénat que des
actions locales » d¹associations de Fmc.
Tous les ans, l¹Afmc-PM participe à l¹organisation, avec les autres
associations locales de Fmc, des Rencontres médicales comtoises qui se
tiennent à Besançon sous l¹égide de la fédération régionale de Fmc et de
la
faculté. Cette manifestation, qui rassemble trois cents personnes, occupe
deux amphis et plusieurs ateliers pendant une journée du mois de septembre.
Par ailleurs, le Dr Martin-Petite souhaite élargir l¹audience de
l¹association en organisant des soirées ouvertes aux travailleurs sociaux,
voire au grand public, en relayant des thèmes de la Ddass. Ainsi a été
réalisée une formation sur la Prévention du suicide qui a permis de réunir
tous les acteurs sociaux concernés ; d¹autres actions dans le même esprit
pourraient avoir lieu. Enfin, last but not least, un site Internet
<www.efrance.fr/fmc_montbeliard>
a vu le jour au printemps dernier.
L¹objectif à moyen terme est de nourrir ce site sur lequel on pourra trouver
en ligne le résumé de chaque réunion, les programmes des Afmc de la région,
des liens et un forum. L¹objectif de ce site est également de constituer la
mémoire des réalisations de l¹association.
Georges Fourmond
TLM n° 46
ZOOM
Franche-Comté : Le relief, ciment de la cohésion
Si elle constitue parfois un frein à la fréquentation des réunions, la
géographie escarpée de la Franche-Comté compense par la qualité de ses
structures associatives et fédératives, et par une implication massive des
médecins dans la Fmc. Témoin, les annuelles Rencontres médicales comtoises:
300 participants payants venus de toute la région
Dans nombre de régions de France, les activités de formation médicale
continue présentent le tableau d¹une prolifération multipolaire des acteurs
: chaque acteur ou groupe d¹acteurs, comme il est légitime, poursuit sa
propre logique, et aucun n¹est en position de centraliser la totalité de
l¹information. Plus la région est vaste et dense et plus le phénomène
s¹accentue. De ce point de vue, la Franche-Comté fait exception : nul besoin
de longues recherches pour dresser un tableau clair et (presque) complet ;
un simple recours à la fédération suffit puisque, semble-t-il, toutes les
associations locales en sont adhérentes, à quelques rares exceptions près.
La fédération regroupe ainsi treize associations à dominante généraliste et
une dizaine d¹associations de spécialistes.
Bien qu¹elle comprenne quatre départements, la Franche-Comté couvre une
superficie moyenne. Mais il faut compter avec le relief qui ralentit les
déplacements : « Saint-Claude, signale un responsable associatif, est à deux
heures de Besançon, et pour aller de Belfort à Saint-Claude, il faut compter
près de trois heures et demie. Pour peu, ajoute-t-il, qu¹il y ait là-haut
neige ou verglas, on peut craindre de ne pas être plus de deux ou trois
présents pour la soirée de formation. » Ainsi la vie associative du
Haut-Jura connaît-elle un double régime pour ses soirées locales : régime
hivernal avec des experts de proximité et une insistance plus particulière
sur les thèmes concernant l¹intervention médicale dans des conditions
d¹isolement ; régime d¹été où l¹aire géographique de recrutement des
experts
peut s¹élargir sans risques.
Il n¹est pas certain que la ville de Besançon, malgré son statut
administratif, joue à elle seule, pour tout le territoire, le rôle d¹unique
capitale régionale. On peut le comprendre si l¹on prend en considération,
par exemple, que Dôle n¹est pas plus éloignée de Dijon que de Besançon, ou
que Lons-le-Saunier est à peine plus loin de Lyon que de la capitale
régionale. Le statut mixte de plusieurs associations de spécialistes
confirme cet état de fait : les diabétologues de l¹Adel comme les Orl de la
Sofocle constituent une seule fédération régionale avec leurs confrères
bourguignons ; de leur côté, les dermatologues de l¹Asfoder se réunissent
une fois sur deux avec leurs homologues alsaciens : conséquence de la
démographie médicale. La Sofocle, par exemple, touche soixante-dix
correspondants, répartis sur un territoire tel que les réunions se déplacent
d¹un lieu à l¹autre pour que la charge des déplacements soit plus
équitablement répartie. Quant aux membres les plus assidus de l¹Asfoder, ils
exercent dans un rayon de plus de cent kilomètres autour de Besançon, que
l¹association a choisi pour centre.
Exporter les idées et projets
que nous avons conçus localement
Et puis, comme partout, les associations de spécialistes entretiennent des
liens souvent très forts avec les instances nationales dans la spécialité.
Tel est le cas, par exemple, des angiologues de l¹Affca ou des psychiatres.
Il n¹en reste pas moins qu¹un simple coup d¹¦il au site Internet foisonnant
du Collège régional de Fmc des psychiatres de Franche-Comté est de nature à
convaincre quiconque du dynamisme proprement régional de la spécialité
(http://www.PsyFc.com). Car, comme le dit le
Dr Jacques, président de l¹Afmc
des rhumatologues francs-comtois, « l¹une de nos fonctions consiste à
exporter les idées et projets que nous avons conçus localement, ainsi que
les besoins ressentis sur le terrain. Le but est de construire nos actions
de Fmc au niveau loco-régional pour ne pas se laisser imposer passivement
les thèmes pas toujours adaptés conçus au niveau national ».
Quant aux généralistes, ils sont dans la région environ 1.700 au total.
Toutes les villes, grandes et moyennes, possèdent une association de Fmc
orientée vers la médecine générale. Besançon en compte trois. Le nombre des
adhérents varie, bien sûr, en fonction des données locales : presque une
centaine à Vesoul, plutôt une cinquantaine en moyenne à Dôle,
Lons-le-Saunier, Saint-Claude et Morbier (une seule association pour deux
sites de réunion) ; entre vingt et trente enfin à Gray ou Baume-les-Dames.
L¹aire urbaine de Belfort, Héricourt et Montbéliard est couverte par trois
associations indépendantes qui fonctionnent en tripode : dates et sujets
sont choisis de telle sorte que les adhérents puissent avoir avantage à
circuler d¹une association à l¹autre.
La division du travail entre les associations et la faculté fonctionne sans
recouvrement : la Fmc organisée par le Chu de Besançon concerne
essentiellement les personnes qui travaillent sur place, à charge pour les
associations de réunir les médecins de ville et ceux qui travaillent dans
les institutions et hôpitaux locaux. Mais tout le monde se retrouve pour les
Rencontres médicales comtoises organisées en commun : les associations
fédérées y jouent un rôle très actif ; dans le cadre de cette
manifestation,
elles organisent et animent avec leurs propres moyens humains ateliers et
débats. Ce qui implique, bien entendu, plusieurs réunions interassociatives
de coordination tout au long de l¹année, avec pour conséquence un
renforcement de la cohésion et la construction de liens fédératifs concrets.
Résultat : 300 participants payants (200 francs) chaque année aux
Rencontres, venus de toute la région et ravis de se retrouver.
C.B.
ZOOM
TLM n° 46
Jacques Chaudy : Ma petite histoire de la Fmc franc-comtoise
Compagnon de route des inventeurs de la Fmc « à la française » parmi
lesquels Guy Scharf, le Dr Jacques Chaudy, premier président de la Fmc du
pays de Montbéliard, connaît dans les moindres détails l¹évolution des
structures locales et régionales de formation médicale continue. Une sorte
de mémoire de la Fmc franc-comtoiseS
TLM : Depuis le début vous avez été, Dr Chaudy, partie prenante dans le
mouvement de structuration de la Fmc et tout particulièrement en
Franche-Comté. Autour de quelles places institutionnelles ou militantes
votre action s¹est-elle articulée ?
Dr Jacques Chaudy : J¹ai participé avec d¹autres à la création de
l¹Association de Fmc de Montbéliard, de la fédération régionale et du
premier conseil régional de Fmc (Crfmc), celui d¹avant les ordonnances Juppé
de 1996.
TLM : Quelles étaient les caractéristiques de ce premier conseil, et selon
quels critères la division du travail avec la fédération était-elle
envisagée ?
Dr J. Chaudy : Avant de parler du Crfmc, il faut rappeler les circonstances
de la naissance de ce que certains ont appelé la Fmc à la française. Il a
fallu dans un premier temps inventer le concept d¹un nouveau type de
formation permanente gérée par les praticiens et répondant à leurs besoins,
indépendante des tutelles « historiques » qu¹étaient les facultés de
médecine et l¹industrie pharmaceutique. C¹est dans cet esprit qu¹un certain
nombre de « prophètes », dont le Dr Guy Scharf, médecin généraliste en
Moselle avec qui j¹ai eu la chance de travailler, ont introduit de nouvelles
méthodes de formation et conçu le terme de « formation médicale continue »,
plus conforme à cette dynamique nouvelle que l¹ancienne appellation d¹«
enseignement post-universitaire », qui reste pourtant encore assez souvent
utilisée.
Installé en 1964 comme rhumatologue à Montbéliard, j¹ai rapidement siégé
au
bureau du syndicat local qui m¹a délégué auprès du confrère hospitalier
qui
organisait chaque année quelques séances d¹« Epu » pour les généralistes.
Nous avons ensuite formé avec cinq ou six de ses confrères une petite
commission qui a continué ce travail au cours des années soixante-dix et
jusqu¹à la création en 1976 de l¹Association de Fmc du pays de Montbéliard
dont j¹ai été le premier président.
La création en 1981 de la fédération et du conseil régional de Fmc a suivi
de peu celle de notre association nationale, l¹Unaformec, née sur la
suggestion des pouvoirs publics de réunir les deux associations nationales
pré-existantes, l¹Asformed et le Cogimec. La fédération régionale était
nécessaire pour regrouper les associations locales, coordonner leurs
actions, harmoniser la politique de formation continue des médecins et
surtout donner à la Fmc une représentativité régionale. Quant au conseil
régional, il a été créé par la volonté commune de l¹université et de la
fédération de Fmc dans un but « politique » de concertation avec différents
partenaires institutionnels et les pouvoirs publics : la présence de
représentants du conseil de l¹Ordre et des syndicats médicaux a été une
première expérience de quadripartisme, certes non égalitaire, mais qui a
montré le chemin. Entre autres tâches, le conseil régional avait d¹ailleurs
été chargé de coordonner la gestion de la Fmc conventionnelle, subventionnée
par la Sécurité sociale et indemnisée pour les participants.
TLM : De quelles tâches principales la fédération s¹est-elle chargée,
de
son côté ?
Dr J. Chaudy : Au cours des années soixante-dix, à la suite des précurseurs
qu¹ont été le Jura et la Haute-Saône, toutes les villes de Franche-Comté
d¹une certaine importance
indépendantes avec un statut loi 1901. La fédération, en les regroupant,
leur a permis de se rencontrer, de comparer leurs expériences dans le cadre
d¹un Grap (Groupe régional d¹action pédagogique), d¹améliorer leur image,
de
siéger au conseil de Fmc. Toutefois quelques associations ont préféré garder
leur indépendance et ne pas adhérer à la fédération pour des raisons que je
n¹ai pas à juger. Il a fallu aussi former les responsables d¹associations
aux nouvelles techniques de formation
régionaux, soit purement pédagogiques, soit thématisés sur un sujet médical.
Parallèlement est apparu le besoin d¹essayer d¹élargir le champ de la
médecine générale à ce que nous avons appelé « les nouveaux champs
d¹activité du praticien », épidémiologie, prévention, éducation
sanitaire,
essais thérapeutiques ; là aussi nous avons dû organiser des réunions
régionales de formation, mais il faut reconnaître que ces activités ne se
développent que très lentement au sein du corps médical libéral, faute d¹une
politique volontariste et des moyens nécessaires ! Créées par l¹association
de Belfort, se sont tenues de 83 à 87, chaque année dans une ville
différente, les « Journées Quoi de neuf ? » organisées par l¹association
locale pour tous les médecins de la région. Pour leur succéder, la
fédération et la faculté de médecine organisent depuis quelques années, en
collaboration, le dernier samedi de septembre à Besançon les Rencontres
médicales comtoises qui associent des amphis avec de courts exposés, suivis
de débats et des ateliers pratiques.
TLM : Vous avez, semble-t-il, de bonnes relations avec l¹Université ?
Dr J. Chaudy : Jusqu¹à maintenant très bonnes. On peut rappeler à ce titre
que le premier groupe de travail sur l¹enseignement de la médecine générale
était issu du conseil régional de Fmc avant de se transformer en commission
universitaire de médecine générale dans laquelle, bien que rhumatologue,
j¹ai siégé quelque temps avant de passer la main. Il faut signaler aussi que
grâce à une parfaite entente entre plusieurs doyens successifs de la faculté
et nos structures de Fmc, celles-ci sont statutairement représentées au
conseil de faculté par le président de la fédération ou son représentant,
poste que j¹ai occupé depuis les années quatre-vingt et jusqu¹à une période
récente. Je terminerai cette « petite histoire » de la Fmc franc-comtoise en
rappelant que l¹actuel maître de conférences de médecine générale, le Dr
François Dumel, est directement issu de la Fmc, où il m¹a succédé à la
présidence de notre association locale de Montbéliard et à celle de la
fédération régionale. Il laisse à son tour ces places à de plus jeunes
confrères qui auront à maintenir, en les perfectionnant, les structures et
les méthodes que nous avons essayé de développer.
Propos recueillis par Claude Bensignor
ZOOM
Fédération : D¹une présidence à l¹autre
Tout nouveau président de la Fédération de Franche-Comté, le Dr Pascal
Jordan entend développer le travail initié depuis dix ans par François Dumel
A la fin de l¹été 2001, après presque dix années de présidence, le Dr
François Dumel quittait ses fonctions à la Fédération des associations de
Fmc de Franche-Comté, comme il l¹avait fait un peu plus tôt à l¹association
de Montbéliard qu¹il présidait aussi. « Le cumul des mandats, commente-t-il,
s¹il est possible sur le papier, trouve rapidement ses limites dans la
pratique : on ne peut pas tout faire. J¹avais d¹ailleurs déjà largement
délégué. » Car le Dr Dumel, qui reste praticien, est également maître de
conférence à la faculté de Besançon. De la Fmc associative à l¹université,
nulle contradiction en Franche-Comté : « À la Fédération, nous avons été
les
initiateurs de l¹enseignement de troisième cycle en Médecine générale. Le
département est en place à la faculté depuis deux ou trois ans et fonctionne
de manière autonome. » Quant aux quelque soixante-quinze maîtres de stage,
c¹est dans le monde associatif que leur recrutement s¹est effectué. Et le
contact précoce des étudiants avec les personnes les plus actives en Fmc
peut permettre de fonder l¹espoir d¹une relève qui, en Franche-Comté comme
un peu partout, se fait attendre : les moins de quarante ans sont bien rares
à accepter de prendre des responsabilités dans le monde associatif.
Les candidats à la succession pour la présidence de la Fédération ne se
bousculaient pas non plus. C¹est finalement le Dr Pascal Jordan qui s¹est
dévoué pour occuper le poste. Dévoué, car c¹est bien de dévouement dont,
apparemment, il faut faire preuve pour endosser des responsabilités dans un
domaine où le bénévolat demeure la règle. Exemple, les Rencontres médicales
comtoises : une quarantaine d¹animateurs-organisateurs, une vingtaine
d¹intervenants, soit une soixantaine de bénévoles.
Médecin généraliste, tabacologue, le Dr Pascal Jordan est depuis longtemps
trésorier de l¹association de Vesoul. Son goût prononcé pour les projets
informatiques est susceptible de marquer son exercice à la tête de la
Fédération ; mais il s¹agit avant tout pour lui de poursuivre le travail de
son prédécesseur. Donner suite à la Fpc, certes, mais sans qu¹un
enthousiasme démesuré soit forcément au rendez-vous. Le Dr Dumel ne
manifestait-il pas lui-même, il y a peu, quelques réserves vis-à-vis de
cette nouvelle forme de la formation conventionnelle ? Son caractère
précaire, d¹abord, puisque lié à la convention par nature révocable ; le
caractère restrictif des sujets imposés aussi, et l¹intérêt discutable de
certains d¹entre eux pour des praticiens expérimentés, alors que l¹intérêt
de disposer d¹un séminaire de deux jours pour approfondir un sujet, lui, ne
se discute pas ; crainte enfin qu¹il n¹existe quelques biais dans
l¹organisation générale et la forme des appels d¹offre qui pourraient
conduire à des altérations de fonctionnement.
Quel bilan et quelles perspectives, néanmoins, pour cette présidence
nouvelle ? Une fédération qui, depuis le début, remplit ses missions de base
: formation des formateurs, aide aux associations, pour les questions de
fonctionnement, de conception, de pédagogie
; elle a décidé de mettre en place des séminaires sur l¹éducation des
patients et sur la démarche qualité. « Résultat, déclare le Dr Dumel : dans
chaque association, des formateurs mieux formés qui comprennent bien la
problématique de la Fmc, les problématiques de santé publique, les notions
de démarche qualité, de niveau de preuve. Des gens investis dans les
actions, compétents, qui font ce qu¹il faut, me semble-t-il, pour la
formation. Il faut maintenant orienter nos associations vers un travail plus
important en recherche : nous avons des gens formés, capables de faire des
audits ; il faut trouver avec eux les moyens de les mener à bien. » Ainsi,
la valeur prédictive de la clinique, insiste le Dr Dumel, est un thème de
recherche insuffisamment travaillé, et qui pourrait être mis en ¦uvre dans
le cadre des associations : « Comprendre sur quels critères cliniques précis
nous nous refusons, par exemple, à donner suite à une indication qui
pourtant paraît bien posée : lorsque l¹on pousse l¹investigation, l¹on se
rend compte que les décisions médicales sont prises sur des critères
cliniques ; que c¹est la clinique, discipline mésestimée, qui, en fin de
compte, est décisive. » Doit être développé tout ce qui relève de la
recherche sur les pratiques, de leur évaluation, pour laquelle la formule de
la soirée classique autour d¹un expert ne convient pas, mais qui appelle une
organisation en groupes de pairs.
« Il faudrait aussi que nous puissions nous retrouver dans des actions de
santé publique, ce que, plus que les élus, nous sommes en position de faire
valablement ; que nous puissions intervenir dans la cité. Ceci, bien
entendu, nécessite un budget. Il faut que les pouvoirs publics comprennent
aussi cela. » Certains montages financiers sont possibles, avec le Fonds
pour l¹amélioration de la qualité des soins par exemple. Mais la mise en
forme budgétaire d¹une action jamais réalisée auparavant est une entreprise
réellement risquée pour celui qui en prend la responsabilité, même s¹il
voit
très bien dès le départ quelle est l¹action à mener, et comment elle doit
l¹être : dans une action innovante, l¹évaluation a priori en termes de temps
de travail est extrêmement périlleuse. L¹expérimentation et l¹innovation
dans la Fmc et les domaines connexes ne doivent plus demeurer à la charge
exclusive des bonnes volontés et des passions individuelles. La Fédération,
pour prendre un autre exemple, est partenaire du Prs Santé-suicide. Mais il
reste difficile, pour ne pas dire désespéré, dans ce cadre, de faire
entendre et prendre en compte ce que coûte au médecin, en termes de temps,
un travail susceptible de porter à conséquence dans ce domaine, déplore le
Dr Dumel. Bien des voies sont ouvertes déjà, en somme, pour la toute jeune
présidence du Dr Jordan. « D¹autres s¹ouvriront, assure celui-ci, et des
projets se dessineront en cours de route. Mais l¹avenir est aussi fonction,
nous l¹avons appris souvent à nos dépens, des évolutions politiques que nous
ne maîtrisons pas. » Reste à souhaiter au Dr Jordan un climat politique
moins tourmenté que celui que connut la présidence précédente, pour qu¹enfin
le monde de la Fmc puisse travailler dans la sérénité à laquelle il aspire.
Claude Bensignor
TLM n° 44
Fmc doloise : Des programmes en concertation avec les associations voisines
En 1975, le terme de « Fmc » était à peine inventé. Les médecins de Dole
n¹en ont pas moins éprouvé le désir de constituer une association, la Fmc
dôloise, regroupant généralistes et spécialistes libéraux et hospitaliers.
Trois cents invitations sont envoyées tous les mois, à tous les médecins de
la région de Dole. La libre circulation des participants est prisée,
bien
davantage encore que leur fidélité : vient et cotise qui veut
toujours grande ouverte. Ainsi certains médecins viennent de Haute-Saône et
parcourront 20 kilomètres pour une séance dont le thème les intéresse. Le
nombre des participants varie de 20 à 60, selon les sujets. Il arrive que
des invitations soient envoyées aussi à des non-médecins : kinésithérapeutes
pour une séance sur « L¹entorse de la cheville », infirmières, en janvier,
pour une soirée sur les anti-coagulants.
Les réunions mensuelles ont lieu à l¹école d¹infirmières. « Avec cet
avantage, souligne le Dr Thierry Lepetz, nouveau président de l¹association,
que les locaux sont toujours disponibles, que personne n¹est maître des
lieux, et qu¹ils sont ouverts à tous. » Les sujets sont fixés par le bureau,
qui définit les objectifs et se répartit l¹organisation pratique et les
contacts avec les intervenants choisis, pour mettre en place chacune des
séances. « L¹intervenant a libre choix de ce qu¹il dit, précise le Dr
Lepetz, mais dans le cadre que nous lui fixons. » Un moment, en fin de
séance, est réservé aux questions. L¹intervenant est choisi localement. De
préférence, ce sera un libéral parce que, explique le Dr Lepetz, « il est
ainsi plus proche de notre travail de tous les jours ». Mais quand le thème
l¹impose, ce peut être un hospitalier. Dôle est à 50 kilomètres de
deux
villes universitaires, Dijon et Besançon. Mais il est arrivé aussi qu¹un
intervenant vienne de Toulouse.
L¹association entretient des relations fréquentes avec d¹autres structures :
1) dans le cadre de la Fédération de Fmc de Franche-Comté, pour
l¹organisation générale de la Fmc ; 2) lors de la préparation des Rencontres
médicales comtoises, manifestation annuelle qui réunit, à Besançon, toutes
les associations de Fmc de Franche-Comté ; chacune organise un atelier ou un
débat auquel sont invités tous les médecins de la région. Ces associations
se réunissent quatre fois par an, pour choisir en commun les sujets, mettre
au point l¹organisation, etc., chaque association se chargeant ensuite de
trouver un intervenant pour le sujet qu¹elle a choisi.
TLM n° 43
Alps en gérontologie :
Une formation qui offre la même culture à tous les acteurs de santé autour de la personne âgée
L¹Alps (association locale des professionnels de santé) regroupe depuis 1982
médecins, kinésithérapeuthes, infirmières et vétérinaires de
Baume-Les-Dames. En 1999, un certain nombre de ses membres ont créé un
réseau de gérontologie. En même temps, ils ont constitué au sein de l¹Alps
une branche spécifique consacrée à la gérontologie. Le réseau, qui a pour
centre l¹hôpital local où se font bilans et évaluations gérontologiques,
mobilise 66 personnes : aides soignants, assistantes sociales, aides
ménagères, médecins, kinésithérapeutes et infirmières. Seules les trois
dernières catégories de professionnels sont membres de droit de
l¹Alps-Gérontologie, mais tous sont susceptibles d¹être conviés aux séances
de formation qu¹elle organise : 6 séminaires d¹une journée et 16 soirées de
travail : en tout 82 heures de formation, pour une moyenne de soixante
participants à chaque séance. Le programme est établi en collaboration
avec
deux « référents » gériatres hospitaliers : le Dr Martine Iehl-Robert, de
Besançon, et le Dr André Courtois, de Montbéliard. Il a été l¹objet de
longues discussions avec tous les acteurs de terrain. « Nous ne voulions pas
faire une sous-capacité de gériatrie, ce qui n¹aurait eu aucun intérêt,
explique le Dr Philippe Lecuyer, président de l¹Alps gérontologie. Nous
avons cherché à constituer une formation absolument rigoureuse médicalement,
et qui permette que les kinésithérapeutes, les infirmières, tous les gens
qui sont sur le terrain aient la même culture. Que le kinésithérapeute qui
lors de la séance se rend compte que les jambes de son patient gonflent
pense qu¹il peut y avoir un problème et le signaler. De même pour les aides
ménagères, pour qui nous travaillons à établir un ³référentiel de signes
d¹alerte². »
Les Drs Iehl-Robert et Courtois ont assuré la première soirée, et choisi les
intervenants pour les 15 suivantes qui sont assurées par les membres de
l¹association et les spécialistes libéraux locaux. Avant chaque séance,
toutefois, les deux gériatres sont sollicités, pour dresser la liste des
points sur lesquels l¹intervenant doit insister
hospitalière. Il est aussi communiqué à l¹intervenant une deuxième liste,
liste de questions recueillies auprès des membres du réseau. La zone
géographique couverte par le réseau comprend plusieurs gros bourgs avec,
dans chacun, plusieurs médecins. De ce fait, les séminaires d¹une journée
ont lieu à chaque fois dans une ville différente et l¹organisation en est
assurée par les médecins de la ville retenue. Ainsi le séminaire de mai aura
lieu à l¹Ile-sur-le-Doubs, celui de septembre à Rougemont. Toutes les
séances sont filmées, et les cassettes archivées. Le montage est
malheureusement en attente, faute de financement. Le programme de formation
a pu tout de même être présenté à Tours, au congrès de l¹Institut de
médecine agricole, puis au congrès de l¹Unaformec en septembre. Il a été
adopté, moyennant quelques aménagements, dans d¹autres régions comme le
Pas-de-Calais, qui a même obtenu pour sa mise en application une aide du
Fonds d¹aide des collectivités sociales.
Marie Guastalla